Les Semis

La saison des semis bat son plein…

Types de semis

Nous pratiquons plusieurs types de semis, voici une liste avec les avantages et inconvenants de chaque méthode.

  • Semis en pleine terre : Obligatoire ou fortement recommandé pour certaines plantes qui supportent pas ou mal la plantation (roses trémières, tournesols, pavots, carottes, pois, haricots, radis, etc…) ; ou si on ne veut pas s’embêter à passer par l’étape du semis en pot (courgette, courges…).
  • Semis en pot individuel : on sème une à plusieurs graines par pot, ça germe, ça pousse, on éclaircit si nécessaire, et c’est prêt à planter. Préférable si peu de graines sont disponibles, ou pour celles qui sont difficiles ou impossibles à repiquer (cucurbitacées) ; ou pour ceux qui hésitent à repiquer. Avec le semis en plaine terre ce sont les méthodes de semis les plus faciles.
  • Semis en groupe, repiquage en pleine terre : pas vraiment utilisé, si ce n’est pour les poireaux.
  • Semis en groupe, repiquage en pots individuel : le semis se fait en caissette ou dans un gros pot, soit en ligne soit à la volée . Après la levée, le repiquage se fait en pot individuel. Préférable pour les plantes fragiles ou si on est pressé, la plantation en pleine terre étant moins stressante que la méthode suivante. J’utilise cette méthode pour le basilic par exemple.
Basilic après repiquage ; le semis a été fait dans le pot à gauche en arrière plan où il reste encore quelques plantules
  • Semis en groupe, repiquage en groupes (caissette) : le semis se fait en caissette (ou gros pot), et les plants sont repiqués en caissette, de manière ordonnée (5cm entre les plants). La plantation se fait en “découpant” les plants en caissette, comme un gâteau. Utilisé pour les plants ‘faciles’ où la vitesse de reprise après plantation en pleine terre n’est pas importante (tomates, laitues). L’humidité du substrat est plus facile à contrôler que par la méthode précédente.

Un des gros problèmes avec les petits pots carrés pour semis est d’arriver à bien contrôler l’humidité du substrat. On essaye d’arroser régulièrement tous les pots, mais souvent on se retrouve avec des pots trop humides, d’autres trop secs. Voir même complètement sec. Et une fois le pot sec, il est difficile de ré humidifier la motte (le mieux étant de plonger le pot dans une bassine d’eau). Une solution pratiquée ici est de mettre 3 cm de sable au fond d’une caissette et de placer les pots dans la caissette (jusqu’à 20 pots par caissette). Le sable aide à réguler l’humidité et la chaleur ; et les racines, si on a trop attendu, peuvent sortir des pots et se développer dans le sable.

Pots en caissette sur lit de sable

Après repiquage, gardez les plants à l’ombre pendant quelques jours pour que le soleil ne dessèche pas les plants, et évitez les fortes températures, les vents forts et la pluie forte.

Pour une bonne croissance, la température doit être stable. Ici dans la véranda au printemps nous avons 10°C la nuit 30°C le jour ce qui n’est pas bon, mais on n’a pas le choix.

Il est nécessaire pour la levée de garder le substrat humide après les semis, sans plus, mais sans plus. Une fois les graines levées réduisez l’arrosage pour éviter toute fonte de semis.

Conseils généraux sur les semis

La caissette en polystyrène (celle du poissonnier) est un conteneur pratique et peu onéreux pour faire ses semis. Certaines peuvent contenir exactement 4×5 pots carrés, et sont les plus versatiles.

Les outils du semeur en caissette

Le semis en caissette est une version miniature du semis en pleine terre. Les graines de taille moyenne ou grosse peuvent être semées en ligne dans un sillon fait avec une fourchette, et recouvertes de la terre du sillon. Les graines fines ou moyennes peuvent être semées à la volée ; dans ce cas cela ressemble plus à un saupoudrage de graines. Les graines sont ensuite recouvertes d’un fine couche de terre en utilisant un tamis de maçon remplis de terre, et le tout est bien tassé avec un petit râteau. Enfin pour les plus grosses graines, on peut les mettre en place sur le substrat et les enfoncer légèrement avec une baguette.

Les besoins de la germination

Partie déroutante au début, mais qui ne doit pas empêcher d’essayer les semis. Les graines ont toutes leurs propres contraintes pour germer :
Certaines graines ont besoin de lumière.
Certaines ne doivent pas être exposées à la lumière.
Certaines ont besoin d’un temps de repos à basse température (ou négative).
Certaines ont besoin d’être dans l’eau (100% d’humidité) pendant un certain temps.
Certaines peuvent germer après 5 ans
Certaines doivent être semées dans l’année.
Et j’en passe…

Et la partie délicate est que si les contraintes ne sont pas respectées, la germination ne se fera pas.

En lisant ça vous aller dire, c’est compliqué tout ça, comment deviner ce dont ont besoin les graines ? Rassurez vous, la plupart des graines n’ont pas de besoin particulier si ce n’est la température. Juste de l’eau et c’est parti ! Pour les graines qui ont des besoins particuliers c’est souvent mentionné dans les descriptions des plants dans la littérature ou sur les forums. Pour référence, ce site contient une bonne base de données sur les besoins des graines.

Les règles principales à respecter et qui suffiront pour la plupart des semis :

  • Garder une bonne température ; autour de 20°C pour la plupart des semis, moins pour certaines graines comme les laitues, radis; plus pour d’autres comme les poivrons, aubergines.
  • Garder le sol humide jusqu’à la levée, puis diminuer l’arrosage pour éviter la fonte des semis.
  • De la lumière, et encore de la lumière après la levée.

Les prédateurs

Attention aux prédateurs, surtout quand les plants sont encore petits : Les limasses, les plus communs, peuvent ravager rapidement une caissette de semis ; moins commun, le pince oreille qui se retrouve je ne sais comment caché dans une alvéole au dessous d’un pot, et qui la nuit sort pour goûter à mon basilic, faute d’autre chose ; la tige est coupée, les feuilles sont intactes, le plant est perdu. Que faire si on soupçonne leur présence ? Isolez le pot avec la plante atteinte, inspectez le dessous des pots et faites un bain de pot (bas des pots dans 2cm d’eau) pendant 1 heure pour les faire sortir.

Pluie/orage

Gardez les jeunes plants à l’abri des pluies fortes / orages. Une bonne pluie peut labourer le sol des semis, coucher les plantules et la production est perdue. C’est un peut contradictoire avec le fait qu’il faut mettre les plants au soleil, et il faut trouver un compromis, par exemple en bordure d’un abri pour le soleil du matin, mais à l’abri de la pluie. Ou rentrer les plants si la pluie menace.

Quelle variété de Graines acheter ?

Les moins chères ! Si les graines ne sont pas chères c’est qu’elles sont faciles à produire. Si elles sont facile à produire, elles sont faciles à faire pousser. C’est un principe un peut facile, peut être pas toujours vrai, mais si on rate les semis ça ne nous coûte pas trop cher.

Évitez les hybrides si vous voulez récolter les graines pour l’année suivante. Et ne plantez pas cote à cote des variétés différentes pour éviter l’hybridation naturelle (je pense aux tomates en particulier — ce qui est un peu faux — et aux courgettes).

On peut aussi se procurer certaines graines en vrac dans des magasins d’alimentation. En général ce sont des graines aromatiques ou utilisées en pâtisserie. Nous avons essayé avec de la coriandre, du pavot, et du lin et les semis ont bien réussi, et cela à une fraction du prix des graines en sachet individuel.

Petit roman photo de semis de laitues

Laitues repiquées en caissette (à droite de la photo). 5×6 plants ; les semis ont été fait dans le pot au fond à gauche, où l’on peut encore voir le reste des semis non repiqués. A gauche, des plants de giroflée bleue.
Après 1 mois, prêt à planter
Pour pouvoir découper facilement les mottes, les laitues ont été tondues.
Deux mottes découpées, prêtes à planter.
Et voila, c’est fini ; le reste des plants a été planté dans le ‘vrai’ potager.